Illumina

Analyses de jeux vidéo, avis, commentaires et plus si affinité.

12 octobre 2007

Heroes de Tim Kring (2006-2007)

Ces derniers temps, j’ai un peu plus de temps de libre, alors j’en ai profité pour enrichir ma culture non-vidéoludique en mattant quelques séries américaines. Mon choix s’est porté sur la populaire série Heroes pour commencer. Je ne suis pas un grand spécialiste en la matière, ma seule référence étant Twin Peaks.

Inutile d’en faire un résumé, tout le monde a forcément entendu parler de ces gens qui ont des pouvoirs un peu balèzes qui se retrouvent en face d’un super tueur capable de bouffer les pouvoirs des autres (en gros), où il faut sauver la Cheerleader, blabla. Bon j'exagère, le thème est bateau mais pas si mal traité que ça, au moins, il n'y a pas de collants. Surtout par le fait que certains sont de véritables danger avec leurs pouvoirs.

Mon bilan de la série est plutôt positif. Les personnages sont intéressants en général, la trame est plutôt bien ficelée et les épisodes se dévorent très rapidement. On a logiquement droit à une narration par personnages, où l’on voit la petite vie de chacun, la découverte de leurs pouvoirs, leurs dilemmes, et surtout, leurs chemins qui se croisent.

La plupart des épisodes sont bons, avec le traditionnel cliffhanger des dernières secondes pour forcer à regarder le suivant avec l’habituelle question « mais qu’est-ce qui se passe après bordel ? ». Si vous n’êtes pas patient, faites comme moi, attendez la fin de la série et regardez tout d’un coup, on est vachement plus dedans.

Bon alors il y a quand même des points négatifs. D’abord, les personnages ne sont pas tous aussi intéressants et c’est également valable pour certaines histoires. Alors qu’on aimerait bien que l’intrigue avance, on se tape parfois de longs passages sur des personnages qui n’ont pas une importance si dramatique que ça sur la trame principale.

Résultat, même si la série avance à un rythme correct, il y a de bonnes grosses lenteurs qui me font penser que le résultat aurait été plus dynamique, épurés de quelques personnages dans un format de 13 * 40 minutes. Malgré tout, il y a de bonnes idées, des situations fortes et des retournements de situation à ne plus savoir qu’en faire.

Autre problème, c’est bien beau de taper un partout avec les super pouvoirs mais on sent clairement que certains sont trop puissants et nécessiterait une série à eux seuls. Je pense notamment à Hiro, que l’on essaye désespérément d’évincer quelques épisodes en prétextant qu’il a soudainement besoin d’un sabre pour utiliser son pouvoir. D’ailleurs, la série parle bien de futur, de voyage dans le temps, mais on n’aborde jamais le problème des différentes lignes temporelles. C’est un sujet qui est tellement vaste de toute manière, qu’on se peut que l’effleurer à cause du trop grand nombre de personnages.

Ah, sinon le méchant est carrément pas mal, on ne voit pas souvent des facettes de sa personnalité mais quand c’est le cas, ça fait plaisir. Il est par ailleurs facile d’anticiper le combat final vu que seuls deux personnages sont capables de cumuler les pouvoirs.

En voilà une série très divertissante, plutôt bien faite et qui fonctionne bien. C’est tout ce qu’on lui demande. Bien construit, de bons personnages, de bonnes scènes, avec des hauts (l’épisode 20 est absolument génial) et des bas (la résolution et l’annonce d’une saison 2 sont lamentables) et une bonne constance dans la plupart des épisodes.

D’ailleurs, au moment où j’écris ces lignes, la saison 2 arrive à son troisième épisode et sans surprise, c’est largement moins intéressant. Le concept ne se prête pas à une surexploitation et c’est sans grande conviction que j’ai regardé ces trois premiers épisodes. Certaines facettes ou personnages qui faisaient l’intérêt de la série ne sont plus là et sont très mal remplacés (reviens le peintre, pour aider la narration !). J’ai peur qu’on ne s’enfonce dans une succession de concours de circonstances abracadabrants (Hiro dans le passé, ahah) pour essayer de développer une intrigue sur les personnages existants (les nouveaux arrivants sont inintéressants).

PS : Je suis troublé depuis qu'on m'a dit que j'avais un air de famille avec Peter Petrelli.
PS 2 : Rien à voir, mais No More Heroes, le prochain jeu de Goichi Suda (Killer 7) sur Wii, ne devrait plus tarder

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Posté par Yan Fanel à 01:15 - Série TV - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 décembre 2006

Twin Peaks de David Lynch et Mark Frost (1990)

Je ne connaissais pas vraiment David Lynch. J'avais seulement vu une médiocre adaptation de Dune, complètement raté en comparaison de l'oeuvre originale mais qui témoignait malgré tout d'une certaine vision. J'avais également vue Une Histoire Vraie, qui n'a strictement rien à voir avec les autres films de Lynch. Avant de pouvoir voir des films de Lynch, ma bien aimée m'a conseillé de voir Twin Peaks avant toute chose.

J’ai donc découvert Twin Peaks récemment (il n’est jamais trop tard) et j’ai bien du mal à me remettre du choc causé par cette remarquable série. Le sujet est extrêmement vaste, aussi je ne m’étendrais pas trop. J’ai tout d’abord été séduit par l’ambiance de Twin Peaks, ce petit paradis aux paysages sublimes et paisibles. Cette ville et surtout ces alentours respirent de poésie et laissent vagabonder l’imagination. Mais la surface n'est qu'une illusion...

La première partie de la série m’a complètement captivée. J’ai enchaîné les épisodes avec avidités, en essayant de me souvenir du moindre détail scénaristique qui pourrait me donner une piste. J’avais deviné le « qui » et évincé la fausse piste, mais il me manquait encore trop d’éléments. J’espérais que la seconde partie allait me les apporter.

Finalement, cette seconde partie s’est révélée décevante. Histoires annexes, nouveaux personnages, histoires annexes d’annexes, et toujours rien de neuf à ce mettre sous la dent. Quelques scènes qui soulèvent toujours plus de questions, au final, mon petit cerveau s’est mis à bouillir tellement il y avait d’éléments inexpliqués à se souvenir.

J’attends toujours des réponses jusqu’à l’épisode final, où j’avais toujours la naïveté de croire à des explications. Heureusement, la principale scène de l’épisode, réalisé par David Lynch fait parti des passages les plus impressionnants que j’ai pu voir de ma vie, qui vaut à lui seul de regarder la série. Visuellement fantastique, troublant, envoûtant, jusqu’à obtenir la résolution finale, qui m’a emplit de frustration…

J’ai hurlé contre Twin Peaks. Je me suis senti trahit quand, au terme de la série, je me suis rendu compte que je n’avais certainement pas compris la moitié de la série, que de nombreuses questions n’avaient toujours pas de réponses me satisfaisant, et que de nombreux éléments étaient là à titre purement décoratifs, ou presque.

Pourtant, je ne crois pas me tromper en disant que cette série a marqué un tournant dans ma vie. Jamais je n’avais été autant captivé par une série. J’ai passé des heures à essayer vainement d’anticiper les événements avant les épisodes, j’ai passé des heures à essayer de comprendre certains concepts, à trouver une interprétation qui me convenait.

Cette série ne peut pas être vue qu’une seule fois.

Cette série a réveillé quelque chose en moi, une volonté d’écrire sur des sujets que j’avais perdu de vue ces dernières années, notamment ma passion pour les rêves. J’ai le sentiment d’avoir partagé quelque chose d’unique, car Twin Peaks, c’est une série qui se partage, sui exige de confronter ses idées, de trouver à plusieurs certains détails importants pour démêler le gigantesque puzzle de David Lynch.

Je ne sais pas s’il existe une série aussi bien faite et puissante que Twin Peaks. Le scénario est habile, complexe, et dans une certaine mesure ouverte, chacun peut s’en faire sa propre vision. Je ne vois pas une autre série aussi dense, aussi humaine, aussi puissante, aussi bien menée, avec des personnages aussi travaillés, qui parviennent autant à toucher le spectateur profondément…

Finalement, quelques jours après la fin du visionnage de la série et du film, j’ai du me rendre à l’évidence, Twin Peaks est un chef d’œuvre et probablement la meilleure série TV jamais réalisée, en plus d'être une oeuvre majeure du cinéma contemporain.

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Posté par Yan Fanel à 01:29 - Série TV - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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