Grand_Rex

Samedi soir, j’ai eu l’occasion d’aller à la soirée spéciale Jason Bourne au Grand Rex, qui présentait la fameuse trilogie Jason Bourne, avec The Bourne Identity (La mémoire dans la peau), The Bourne Supremacy (La mort dans la peau) et en exclusivité, le tout dernier volet, The Bourne Ultimatum (la vengeance dans la peau). Le cadre et l’ambiance étaient vachement sympa, dans une grande salle décorée où les fans ont pu découvrir (comme moi) ou redécouvrir les aventures de Jason Bourne en version (très) grand écran.

Cette soirée fut un véritable plaisir et ce pour deux raisons : d’une part, les trois films sont réellement excellents, des références en terme de cinéma d’action d’un rythme effréné, avec une scénario bien ficelée et des scènes d’anthologie. D’autre part, le public était forcément déjà acquis à la cause de Jason Bourne et cela  se sentait, avec des applaudissements suite aux exploits de Matt Damon, notamment après les scènes les plus spectaculaires. Le fait de voir les trois films à la suite permettait de bien remettre tous les éléments dans le contexte au niveau scénaristique et de bien mesurer l’évolution de la série en terme cinématographique.


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THE BOURNE IDENTITY

Le film commence par la récupération du corps d’un homme que l’on croit mort et qui se révèle être totalement amnésique, sauf qu’il possède des réflexes et des façons de fonctionnement bien loin du commun des mortels. Cet homme, lui-même stupéfait parfois par ses capacités (qu’il découvre en même temps que les spectateurs, chose que l’on comprend grâce à la mise en scène unique), va donc partir en quête de son identité et de ses souvenirs. Tissant très progressivement la trame à travers les alternances de scènes d’action survoltées et de moments plus calmes de repos, The Bourne Identity séduit par sa maîtrise du rythme, des personnages, par son ambiance et son contexte particulièrement intelligent. La cerise sur le gâteau étant la petite visite guidée touristique de Paris. The Bourne Identity est pour moi l’un des tout meilleurs film d’action, qui parvient à ne pas se résumer qu’à une suite de scènes d’action prétexte, grâce à un scénario intelligent et brillamment mené. Les indices sont distillés avec intelligence et les coupes dans les scènes donnent un rythme et une puissance absolument uniques aux actions de Jason Bourne. The Bourne Identity se suffit à lui-même, il peut être vu seul, même s’il ne répond pas à toutes les questions soulevés par le scénario.


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THE BOURNE SUPREMACY

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Changement de réalisateur pour le second épisode, The Bourne Supremacy, qui marque tournant important dans le scénario. Alors qu’il vivait des jours plus ou moins heureux loin de la civilisation, un événement va le remettre sur les rails, à la recherche de son passé et des personnes qui le traquent. Toujours plus haut, toujours plus fort, ce second volet est moins structuré que le premier, principalement basé sur les complots et la traque de Jason Bourne. On peut même le résumer en une grande chasse à l’homme d’une tension hors du commun. L’action est à son comble pendant quasiment toute la durée du film, avec une mise en scène encore plus audacieuse, plus impressionnante, et un rythme d’une rare cadence. On en découvre davantage sur le personnage de Jason Bourne, avec des éléments scénaristiques glissés en filigranes, qui font avancer l’intrigue sans jamais ralentir le rythme effréné du film. Jason Bourne est traqué pendant l’intégralité du film, et ce sentiment de danger permanent est parfaitement ressenti par le spectateur, grâce à l’intelligence de la mise en scène. Le jeu avec le spectateur, déjà présent dans le premier, est encore plus développé. La caméra suit le regard de Jason Bourne et il suffit qu’elle se pose plus d’une seconde à un endroit pour que l’on soit en face d’un élément important, sauf qu’on ne le devine qu’après coup. On ne comprend pas toujours ce que fait Jason Bourne, tout s’enchaîne très vite, et ce n’est qu’une fois au repos que l’on se dit qu’il a pensé à tout ça en l’espace d’une seconde. Le personnage n’en devient que plus fascinant, d’autant que Matt Damon est excellent. Jason Bourne est définitivement son personnage. Globalement, j’apprécie un peu moins The Bourne Supremacy que le premier épisode car il est un peu moins complet en terme d’émotion mais il reste un film très impressionnant, qui ne laisse aucun répit au spectateur.


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THE BOURNE ULTIMATUM

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Enfin, après la mise en bouche des deux premiers volets, voilà le tant attendu troisième épisode des aventures de Jason Bourne. Celui-ci prend directement la suite du second volet et recrée un nouveau contexte autour de la scène finale du second volet. Ce nouvel éclairage de cette scène constitue l’essentiel du film. On découvre donc ce qu’a fait Jason Bourne immédiatement après la fantastique (bien qu’aux limites de l’illisible parfois) course-poursuite du second, jusqu’à ce fameux coup de téléphone. The Bourne Ultimatum en révèle encore plus sur les personnages, qui sont ici plus développés, sans que l’action ne soit ralentie. Après un début un peu chaotique qui m’a fait peur, à cause de flashback un peu excessifs (et moyennement amenés) et d’un manque de compréhension de la trame, le reste du film séduit complètement. Le rythme est dans la veine du second épisode, à savoir complètement fou. Jason Bourne est toujours traqué sans relâche, effectuent des exploits aux limites du vraisemblables et la balade touristique se poursuit inlassablement, entraînant les personnages dans tourbillon mortel d’événements et de retournements de situations. L’action est reine, une fois de plus, avec toujours ces figures de style de mise en scène qui donnent une pêche unique à l’ensemble. C’est d’ailleurs incroyable de constater que la moindre situation génère une intensité dramatique extraordinaire, le tout avec le minimum vital en terme d’informations. Il y a peu d’informations et d’éléments scénaristiques, mais ils sont tous donnés avec un rare sens du rythme. Et c’est largement suffisant de tout manière pour le propos du film. La maîtrise de la mise en scène est juste impressionnante : tout est dynamique, sans aucun temps inutile, on va de suite à l’essentiel, en deux plans on comprend ce qui se passe. A ce niveau là, c’est presque de la bande dessinée. Et pourtant, c’est fait avec une telle maîtrise que cela ne fait qu’amplifier les scènes fortes et leur donner une force unique, là où de nombreux réalisateurs du genre auraient cédés à la facilité de l’illisible. 

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Voilà une trilogie qui n’est rien d’autre que du film d’action, mais du film d’action de très haut niveau, avec un rythme exemplaire. Le jeu de la mise en scène entre le spectateur et le héros mérité également le détour : tout est fait pour que l’on se sente à sa place quand il voit un élément, que l’on se sente traqué comme lui, alors que parfois, on voit que Jason Bourne prend largement le pas sur le spectateur en échafaudant des plans tordus en un clin d’œil, avec une mise en scène saccadée qui a la pêche. C’est ce sentiment qui ressort dans les trois films et caractérise le mieux la trilogie.