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Il existe des jeux dont on entends peu parler et qui se révèle être de bonnes surprises. En général, ce sont des jeux qui ne manquent pas d’idées mais dont la finition ou des défauts trop accentués les empêchent d’acquérir le statut de hit. C’est notamment le cas dans le domaine du jeu d’aventure avec quelques titres sortis sur PlayStation 2 comme Glass Rose ou Shadow of Memories, deux jeux qui ne sont pas sans défauts mais qui constituent tout de même des expériences de jeux intéressantes avec quelques qualités uniques.

J’avais des espoirs similaires concernant Rule of Rose, un jeu d’aventure à l’ambiance intrigante développé par Punchline et Shirogumi pour la partie graphique, deux noms qui ne doivent certainement rien dire à beaucoup d’entres vous. Punchline est le développeur de Chulip, un petit jeu assez étrange, édité par Natsume (Harvest Moon), dont le but était d’augmenter sa réputation pour embrasser les filles ( ?) vivant dans les tuyaux (??), sous un ancien arbre (???), le tout sorti en 2002 au Japon et doit être localisé courant 2007 aux Etats-Unis.

Dans les quelques vidéos de communication de Rule of Rose, l’accent était clairement mis sur le scénario et le gameplay est resté relativement mystérieux. Après quelques minutes de jeu, je me rends compte que je suis sous le charme du jeu. L’ambiance est intrigante, l’histoire commence dans un bus où l’héroïne se retrouve seule, en plein milieu d’une forêt. Une ambiance sonore réussit, quelques jeux de caméra et des sons inquiétants parviennent à créer une ambiance oppressante, renforcée par les menus écrits de manière enfantine à la craie.

La première question qui se pose est de catégoriser le jeu : jeu d’aventure ou autre ? Peu de mouvements tendent à monter que l’on se situe plutôt dans un jeu d’aventure, mais l’ambiance à ce petit quelque chose qu’on les survival-horror. Après quelques heures de jeu, je commence à en voir un peu plus dont certaines nouveautés assez intéressantes, comme la présence d’un chien qui se révèle décisif pour la partie exploration du jeu (un peu à la manière de Demento / Haunting Ground de Capcom ou encore Clock Tower 3). Les premières heures sont entraînantes, on a envie d’aller de l’avant, d’en savoir plus. La compagnie du chien est salvatrice, les quelques créatures que l’on rencontre inquiétante, le scénario est horrifique à souhait, étrange, tout en évitant les classiques façon série B, bref, intéressant et...

C’est le drame. Les combats, peu présents, se révèlent rapidement injouables et inintéressants. Soit, on ne peut pas réussir dans tous les domaines. Le problème est que l’on se retrouve rapidement à faire des allers-retours sans fins dans les mêmes environnements, et que même si l’ambiance du jeu est excellente, ça ne donne pas envie de continuer. Il manque le minimum syndical de variété dans les environnements et les actions pour obtenir quelque chose de consistant.

On se retrouve au final avec un jeu à l’ambiance accrocheuse mais dont le contrôle est catastrophique. C’est fort dommage, car le gameplay de l’exploration basé sur le chien était tout à fait sympathique. Mon avancée dans le jeu s’est terminée au bout de quelques heures, la durée de vie du jeu étant la durée dont vous êtes capable de supporter le contrôle des combats. Dommage, car avec sa réalisation plus qu’honorable, Rule of Rose était bien parti pour prétendre au titre de bon petit jeu d’aventure et finalement, un goût amer reste coincé en travers de la gorge. La morale de l’histoire ? Si c’est pour obtenir des résultats similaires, autant ne pas s’embêter à mettre des combats et trouver d’autres moyens d’obtenir le minimum d’action syndical, comme le font Glass Rose et Shadow of Memories, qui, même s’ils pêchent largement dans le domaine, n’en sont pas rebutants pour autant.

A noter que ce jeu a soulevé une polémique assez incroyable, complètement à côté de la plaque, sous pretexte que le thème est un plus adulte, plus dérangeant que le commun des histoires de jeux vidéo. Il y a des scènes où les petites filles se montrent cruelles et peuvent être mal interprêtées, mais c'est justement cette ambiance si particulière qui constitue la plus qualité du jeu. Dommage qu'un tel travail soit gâché par les éléments ludiques fondamentaux du genre.

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